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Artur Lescher - Porticus - Palais d'Iéna, Paris

 

Artur Lescher
Porticus
Palais d’Iéna, Paris
16 - 25 octobre 2017

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Dans le cadre de la FIAC, le Palais d’Iéna à Paris, siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE), accueille pour dix jours une exposition de l’artiste brésilien Artur Lescher. Présentées pour la première fois en France, les œuvres proviennent de collections brésiliennes ou sont réalisées in-situ pour l’événement. Elles proposent un dialogue inédit avec le classicisme moderne des espaces monumentaux conçus par l’architecte Auguste Perret.

Après Antony Gormley, Francesco Vezzoli ou encore Carlos Cruz-Diez, c’est à Artur Lescher de déployer ses œuvres au sein de l’architecture du Palais d’Iéna. Né en 1962 à Sao Paulo où il vit et travaille, l’artiste bénéficie d’une reconnaissance considérable outre- Atlantique depuis les années 1980, notamment pour son inscription dans la lignée du néo-concrétisme, courant majeur de l’art abstrait nourri par le cognitivisme et la phénoménologie de la perception. Cette exposition propose un regard transversal sur l’œuvre à l’aune de sa résonance avec certaines caractéristiques de l’édifice-clef d’Auguste Perret, inauguré en 1939 et aujourd’hui siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE). À ce titre, les sculptures et installations présentées, qui proviennent de collections brésiliennes ou qui ont été réalisés spécifiquement pour le lieu, dialoguent avec le classicisme moderne des espaces monumentaux conçus par l’architecte, de la puissante colonnade de la salle hypostyle à l’hémicycle, en passant par l’escalier. Ces volumes, pourtant internes au bâtiment, se révèlent, au gré de l’expérience esthétique des œuvres d’Artur Lescher, comme des lieux intrinsèquement ouverts, articulés et dynamiques. Renouant de cette façon avec le modèle initial du portique antique et avec sa dimension démocratique, l’artiste fait s’ouvrir le lieu, symboliquement, vers l’extérieur mais aussi, sur un registre plus intime, vers la mécanique perceptive du spectateur…

L’œuvre sculpturale d’Artur Lescher est intrinsèquement liée à l’espace architectural. Aussi épurées que finement ouvragées, ses réalisations ont ainsi pour qualité principale de produire un véritable champ de force, de nature magnétique, pourrait-on dire en regard des métaux employés (cuivre, laiton, etc.), mais aussi et surtout de nature perceptive. En effet, elles visent à connecter et à articuler entre eux les divers espaces et matériaux qui constituent l’édifice-clef de Perret.
Car les œuvres d’Artur Lescher sont constituées essentiellement de bois, de laiton, de textile, de pierre ou de cuivre. Elles sont façonnées - pour ne pas dire « usinées », ce qui mettrait de côté la méthode profondément artisanale de leur auteur, ainsi que leur préciosité patente. Comme étirées en longueur, certaines rappellent, notamment par leur symétrie centrale et leurs fines découpes, les massives colonnes multifacetées de Perret, qu’elles côtoient de diverses manières au sein de l’immense salle hypostyle du Palais - rappelons que lesdites colonnes s’évasent progressivement vers leur sommet selon le modèle, pensé par l’architecte, d’un tronc de palmier.
Extrait du texte de Matthieu Poirier, commissaire de l’exposition


Le CESE, expression de la société civile organisée et trait d’union entre les formes d’expression de la société
L’accueil de cette exposition d’envergure au Palais d’Iéna souligne l’inscription du CESE au cœur de la société y compris dans sa dimension culturelle. Les projets culturels et artistiques contribuent à enrichir le dialogue entre les citoyens, également promu par les nombreuses manifestations et débats organisés au sein de l’institution. Il était naturel que le CESE accueille une telle exposition d’art contemporain.

 

Photo : Vue de l’exposition Porticus d’Artur Lescher au Palais d’Iéna 2017 © Benoit Fougerolles