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Rubis Mécénat - Crèche contemporaine - Eglise Saint Eustache, Paris


Crèche contemporaine d’Anouk Rabot et Max Coulon
Eglise Saint-Eustache
1er décembre 2017 - 2 février 2018

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À l’occasion des célébrations de la fête de la Nativité, Rubis Mécénat cultural fund et l’Église Saint-Eustache, sous l’impulsion de Françoise Paviot, chargée de l’art contemporain de la paroisse, ont renouvelé pour la deuxième année consécutive l’appel à projets pour la réalisation d’une crèche contemporaine proposé aux étudiants de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris. Les jeunes artistes Anouk Rabot (née en 1996) et Max Coulon (né en 1994) sont les lauréats de cette deuxième édition. Leur crèche contemporaine est visible du 1er décembre 2017 au 2 février 2018 à l’Église Saint-Eustache.

Anouk Rabot a privilégié le travail du dessin, Max Coulon celui du bois. Une série de 25 dessins gravés, présentés dans de petites boites et représentant chacun un passage de l’Evangile, s’enroule ainsi autour d’un des piliers de l’église pour rythmer le cheminement qui nous mène à la naissance de Jésus. Fusionnant dessin et sculpture, Anouk Rabot et Max Coulon font surgir la lumière au sein d’une installation en matériaux bruts qui recompose l’architecture de cet espace. Chaque jour, une boite s’allumera jusqu’à la nuit de Noël où toutes brilleront alors pour annoncer la venue de Jésus.
« Nous vous proposons une crèche qui se tourne vers l’extérieur et vient distribuer les images qui en composent le récit. Une structure éclatée se greffe à l’église, vient enlacer une colonne de pierre, c’est l’ossature de la crèche. La crèche est un réseau de poutres et de formes peintes qui distribue les boites lumineuses autour de la colonne. Ces boites diffusent des scènes gravées. Comme en écho à la technique du vitrail, la surface tracée laisse passer la lumière, produisant ainsi un dessin qui éclaire. »

Avec ce projet, Rubis Mécénat poursuit son engagement au côté de la création contemporaine et marque son attachement à l’Église Saint-Eustache où le fonds a déjà présenté les commandes d’œuvres réalisées in situ par des artistes telles Fanny Allié et Leonora Hamill.


LE PROJET D’ANOUK RABOT ET MAX COULON
La crèche est un espace qui raconte une histoire ; elle fonctionne comme un abri à l’intérieur duquel se déroule la scène de la Nativité. C’est habituellement une maquette plus ou moins grande que l’on dépose dans l’église, autrement dit un espace (la crèche) dans un espace (l’église).
La crèche d’Anouk Rabot et Max Coulon s’intègre parfaitement à l’architecture du bâtiment puisqu’elle vient entourer la base d’une de ses colonnes ; elle fonctionne comme une prolongation architecturale, non une accumulation. Ainsi, la colonne devient le « cœur de la crèche », une façon inédite de traiter ce sujet de la Nativité, récit fondateur de la religion catholique, en utilisant une partie de la fondation architecturale essentielle au maintien du bâtiment en lui-même.
Afin d’insérer totalement cette crèche dans l’espace architectural, les deux artistes ont également repris la même gamme chromatique que celle de son environnement. Ainsi, le beige calcaire fait office de liant et leur a permis de passer par le gris, le jaune, le rouge et le noir sans rentrer en conflit visuel avec les autres couleurs présentes dans l’église. 
Cette crèche est donc constituée d’une structure de bois peinte qui distribue en un mouvement circulaire un répertoire de 25 scènes qui sont autant de possibilités de réinterprétations de ce récit habituellement donné à lire de façon plus construite et rationnelle. Une crèche qui raconte l’histoire de la Nativité, mais aussi - et peut-être surtout - une crèche qui compte les jours, puisqu’elle se donne à voir petit à petit en dévoilant chaque jour une nouvelle scène.

« Anouk et Max n’ont pas oublié ce qui les a précédés et ils s’en sont nourris. Revoir les tableaux de la Nativité au Louvre, visiter à plusieurs reprises Saint-Eustache pour s’imprégner de son architecture, relire les textes des évangiles, tout cela a fait partie de leur réflexion. Mais pour ces jeunes artistes ancrés dans leur époque, la crèche n’est pas uniquement une simple image qui se nourrit de la tradition. Ils nous en proposent une nouvelle matérialité et nous montrent ainsi qu’elle est un lieu de vie qui doit rester vivant. Une invitation en somme à rester éveillés, à garder notre lampe allumée et à en partager la lumière dans la joie. »
Françoise Paviot, chargée de l’art contemporain de la paroisse Saint-Eustache


ART CONTEMPORAIN A L’EGLISE SAINT-EUSTACHE
Pour le Père George Nicholson, curé de la paroisse Saint-Eustache, l’art contemporain est un des éléments qui contribuent à la richesse et à la diversité de la paroisse. En témoignent les œuvres d’artistes qui ont peuplé son édifice, celles de Keith Haring ou John Armleder ou les installations éphémères de Christian Boltanski et Bill Viola. Saint-Eustache renoue aussi avec une de ses traditions qui offrait aux acteurs du quartier la création de crèches de Noël (la créatrice Agnès b., le fleuriste Christian Tortu…) dans les années 80 et 90.

 

Photo : Anouk Rabot et Max Coulon © Julien Goldstein