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Sam Art Projects - Taro Izumi et Mel O' Callaghan - Palais de Tokyo, Paris

Taro Izumi
Exposition Pan
Palais de Tokyo, Paris
03 février - 08 mai 2017
 

Mel O’Callaghan
Exposition Dangerous on-the-way
Palais de Tokyo, Paris
03 février - 08 mai 2017
 

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Mel_O_Callaghan.jpg, fév. 2017

Deux nouvelles expositions coproduites par SAM Art Projects et le Palais de Tokyo investissent le Palais jusqu’au 08 mai 2017 prochain, dans le cadre de la saison En toute chose conçue par Jean de Loisy et l’équipe des curators.

SAM Art Projects soutient Taro Izumi en finançant sa résidence à Paris, à la Cité Internationale des Arts, l’an dernier, et en coproduisant avec le Palais de Tokyo sa première exposition personnelle d’envergure en France

Taro Izumi

« L’objet quotidien s’impose souvent comme un matériau privilégié dans mon travail. Détourné de sa fonction, il devient objet d’art ; nous évoluons, de fait, dans un monde où toutes les valeurs peuvent aisément être renversées. » Taro Izumi (extrait d’un entretien avec Paloma Blanchet-Hidalgo, Slash/Magazine, février 2013)

Taro Izumi est, au Japon, un artiste singulier. Il développe un monde qui s’exprime par des installations, des sculptures et des vidéos, dont les processus d’apparition sont liés à l’accident, au jeu, à la perturbation. Les installations qu’il construit à partir de ces hypothèses ludiques sont la source de formes, sculptures et peintures murales qui, souvent par l’absurde, deviennent des formes inattendues, extraordinaires, et qui déjouent avec humour nos habitudes artistiques et sociales. Par exemple, l’invention de supports composés d’éléments quotidiens - chaises, tables, tabourets, coussins - rapidement associés pour supporter un corps qui imiterait la détente ou l’impulsion d’un sportif en action, est à la fois un objet étonnant, une parodie des corps rêvés des héros du stade et un commentaire intéressant sur l’histoire du socle dans la sculpture.
Dans un monde très normé comme l’est, par sa culture et son organisation sociale, le Japon, la mise en turbulence de la réalité, les bruits inattendus, les comportements paradoxaux, les situations performées qu’il met en scène, donnent l’impression d’être produits par des esprits malicieux qui se mêlent de nos affaires et se moquent de nos usages.

« Au Japon, dans la religion Shinto, certains « kamis » ou esprits vénérés de la nature ont un rôle farceur, parfois même dangereux. Ils se glissent dans les espaces familiers et affolent nos vies et nos habitudes, et c’est ainsi que procède Taro Izumi, « artiste trickster », enfant terrible, conceptuel fripon, qui imagine de façon savoureuse que tout pourrait être autrement. » 
Jean de Loisy

Né en 1976 à Nara, Taro Izumi vit à Tokyo. Son travail a bénéficié de plusieurs expositions personnelles, notamment à Ongoing, Tokyo (2015), The National Museum of Art, Osaka (2014), Nassauischer Kunstverein, Wiesbaden (2014). Le Hara Museum of Contemporary Art, à Tokyo, et le 21st Century Museum of Contemporary Art, à Kanazawa, au Japon, exposeront également son travail en 2017. Il a par ailleurs été montré dans le cadre de nombreuses expositions collectives, dont « Une forme olympique », HEC – Espace d’Art Contemporain, Jouy-en-Josas (2016) ; « Voice of images », Palazzo Grassi – Fondation Francois Pinault, Venise (2012) ; « Waiting for Video: Works from the 1960s to Today », The National Museum of Modern Art, Tokyo (2009) ; « Between Art and Life, Performativity in Japanese Art », Centre d’Art Contemporain, Genève (2008) ; « Out of the Ordinary: New Video from Japan », MOCA, Los Angeles (2007) ; « After the Reality », Deitch Projects, New York (2006). Ses œuvres font partie d’importantes collections, dont celles du Musée d’Art Contemporain de Tokyo, de la Fondation François Pinault, du Kansas Spencer Museum of Art, du Conseil Général de Seine-Saint-Denis, du Fonds Municipal d’Art Contemporain de la Ville de Paris et de la Fondation Kadist.

Mel O’ Callaghan

SAM Art projects soutient Mel O’Callaghan, lauréate du 7ème Prix SAM en 2015, en finançant le voyage de l’artiste à Bornéo l’an dernier pour réaliser son projet et en coproduisant son exposition avec le  Palais de Tokyo.

« L’observation était fondamentale. J’avais conscience de voyager là sans aucune idée préconçue sur ce peuple, ses pratiques et ce que je pouvais réaliser. Je n’avais aucune envie de les envisager d’un point de vue ethnocentrique. Je n’étais pas là pour raconter leur histoire. J’étais simplement fascinée à l’idée d’assister à un rituel en tant que forme de pratique artistique qui me semblait en un sens refléter la mienne. » Mel O’Callaghan

Mel O’Callaghan – dont on a pu découvrir le travail dans le cadre de Nuit Blanche 2016 (sous la direction artistique du Palais de Tokyo) et au Palais de Tokyo à l’occasion de DO DISTURB 2, en avril 2016 – poursuit ici sa réflexion autour du rituel en tant qu’expression de la condition humaine, et des processus de transformation de soi qui naissent de la répétition inlassable de mêmes actions. Pour son exposition personnelle au Palais de Tokyo, Mel O’Callaghan s’est rendue dans le nord-est de Bornéo afin d’assister à la récolte traditionnelle de nids d’oiseaux, un rituel particulièrement périlleux réalisé deux fois par an par les populations Orang Sungai à plus de 120 mètres de haut – jusqu’au sommet de la grotte de Simud Putih, la « grotte blanche » de Gomantong. Mêlant sculpture, performance et vidéo, Dangerous on-the-way s’attache plus précisément à l’ecstasis que ce rituel peut permettre d’atteindre, cet état physique et mental décrit par la philosophie grecque comme le fait de « se trouver hors de soi ».

« Pour Mel O’Callaghan, le corps est un outil, qui nous permet d’appréhender le monde en général, et l’art en particulier. » Daria de Beauvais

Lauréate du Prix SAM pour l’art contemporain 2015, Mel O’Callaghan, née en 1975 à Sydney (Australie), vit à Paris. En 2017, l’artiste bénéficiera également d’une exposition personnelle à la National Gallery of Victoria (Melbourne, Australie). Son travail a récemment fait l’objet d’une exposition personnelle au Museum Medeiros e Almeida (Lisbonne, Portugal, 2015). Elle a notamment participé aux expositions collectives « Demain dans la bataille pense à moi » à l’Institut d’art contemporain (Villeurbanne, France, 2015) et « Nature/ Revelation » au Ian Potter Museum (Melbourne, Autralie, 2015), ainsi qu’au festival Hors-Pistes au Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou (Paris, France, 2016). Mel O’Callaghan enseigne à The New School Parsons Paris. Elle est représentée par la Galerie Allen à Paris, Belo-Galsterer à Lisbonne et Kronenberg Wright à Sydney.

Photo : Vue de l’exposition de Mel O’Callaghan « Dangerous on-the-way », Palais de Tokyo (03.02 – 08.05.2017) © André Morin